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À la découverte des leaders du secteur minier : voici Robyn Valin

8 mars 2019

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Nous sommes heureux de continuer À la découverte des leaders du secteur minier, une série d’entrevues mettant en vedette l’équipe de direction diversifiée des activités du secteur Mines et métallurgie (M&M). Nous espérons inspirer les lecteurs grâce aux exemples de leadership, d’encadrement et d’expériences personnelles relatés dans cette entrevue avec Robyn Valin, directrice, Marketing et offres de services.

Q : Parlez-nous un peu de votre parcours académique et professionnel, et de comment il vous a mené là où vous êtes maintenant.

R : J’ai une formation d’ingénieure en métallurgie. À l’université, mon programme incluait trois sessions en entreprise, dont deux effectuées dans des aciéries. Ce fut très intéressant de travailler dans un contexte d’usine, mais aussi d’être la seule femme dans un groupe d’environ 100 personnes.

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai trouvé un emploi chez une minière dans le domaine du nickel; durant les premières années de ma carrière, j’étais basée à leurs installations en Ontario et au Manitoba.

Je suis maintenant chez SNC-Lavalin depuis 11 ans, où j’occupe des fonctions depuis le départ au sein des équipes du Développement des affaires et des Offres de services du secteur M&M. Dans les premiers temps, j’ai également travaillé sur quelques brèves études.

J’étais dans ma deuxième année au CÉGEP lorsque j’ai noté pour la première fois le déséquilibre entre les hommes et les femmes (le CÉGEP est l’équivalent au Québec de la 13e année ou de la 1re année à l’université) Il n’y avait que cinq ou six filles dans le groupe de 30-35 étudiants, et cet état minoritaire était encore plus flagrant dans les cours avancés de mathématiques et de physique. La plupart des étudiantes se dirigeaient plutôt vers la biologie et la chimie (sciences de la santé), alors que nous n’étions que quelques-unes à choisir les mathématiques et la physique.

Ensuite, j’ai fait mes études spécialisées en métallurgie à l’Université McGill, dans un programme où le pourcentage des femmes était un des plus élevés – 30 % – en comparaison avec d’autres programmes en génie. Je savais pertinemment que mon choix n’avait rien de traditionnel, mais je n’ai jamais eu tendance à me conformer aux modèles classiques. J’étais là où je le souhaitais.

Q : Parlez-nous d’un moment clé qui a confirmé vos choix professionnels –  la rencontre d’un mentor, une affectation enrichie, un accomplissement ou une occasion particulière, par exemple.

R : Le fait de me joindre aux équipes du Développement des affaires et des Offres de services a été un jalon important; j’étais réellement passionnée par mon travail, et on m’a promue au titre de responsable globale des centres d’offres de services, Mines et métallurgie en 2011. 

Cette accession à un statut professionnel bonifié, où je me retrouvais exposée à une multitude de nouvelles choses, constituait une reconnaissance de mes compétences et de mon expertise, mais amenait également son lot supplémentaire de responsabilité.

Q : En tant que femme qui s’est taillé une place de choix dans une industrie à prédominance masculine, comment avez-vous réussi à trouver l’équilibre à différents moments de votre carrière?

R : Ce n’est pas toujours facile!

Je ne peux pas dire que j’y arrive tout le temps. Il faut tracer ses limites et déterminer ce qui est important pour soi. Pour moi, cela a toujours signifié ma famille et mes enfants. Si je dois quitter le travail à une certaine heure, je quitte. Mais j’ai la possibilité de reprendre là où j’ai laissé lorsque les petits sont au lit. 

Je gère les attentes de manière à pouvoir être la maman que je souhaite. Heureusement, on ne m’a jamais fait de reproche à cet égard; les gens respectent cet état de fait. Et le fait d’avoir un mari et un patron qui me soutiennent aide énormément. Je livre la marchandise, mais avec une plus grande marge de manœuvre sur le quand et le comment.

Q : Qui sont vos modèles – masculins ou féminins – et pour quelles raisons?

R : Je n’en ai pas vraiment. Chaque personne trace sa propre voie, avec ses propres compétences et ses propres connaissances, en essayant de faire du mieux qu’elle peut. On peut apprendre de tout un chacun.

Q : Qui sont les alliés qui ont contribué à orienter vos façons de faire, votre style de leadership, etc.?

R : Là aussi, le soutien que m’apporte mon patron est crucial; il reconnaît l’importance d’un juste équilibre entre le travail et la vie en dehors du travail. Pour ce qui est de mon perfectionnement, il me pousse à aller au-delà de mes limites, en me confiant des projets qu’il me sait en mesure de relever, même si je ne me suis pas nécessairement portée volontaire. 

Lorsque le poste de direction globale pour les centres d’offres de services m’a été proposé, ce fut un magnifique défi! Mais si je retourne encore plus loin en arrière, lors de mon premier stage en entreprise chez une aciérie à Hamilton, je me rappelle le leadership démontré par mon superviseur, pour qui l’écoute envers son équipe était primordiale. Tous les jours, il faisait sa ronde pour que tous le voient et puissent lui parler. Les employés appréciaient le fait que quelqu’un était à l’écoute de ce qu’ils avaient à dire. Et il ne se contentait pas d’écouter, puis d’oublier; il faisait par la suite de véritables efforts pour améliorer les choses. C’est là une approche en laquelle je crois vraiment. Je ne crois pas au statu quo; si les gens sont plus heureux au travail, ils seront logiquement plus performants. On peut toujours améliorer les choses.

Q : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui entreprennent une carrière en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM)?

R : Foncez! 

Ce conseil s’applique autant aux femmes qu’aux hommes. Si vous avez un objectif, relevez vos manches et allez-y.

« Faites ce qu’il faut pour atteindre ce but; ayez confiance en vos moyens et ne reculez pas. »


J’ai aussi dû affronter quelques écueils au fil de ma carrière, mais dans l’ensemble, j’ai été soutenue et considérée comme une égale par mes supérieurs et collègues. 

Et à cet égard, mon expérience à SNC-Lavalin a été assurément positive. Je ne peux me plaindre d’avoir été entravée par autrui ou d’avoir dû me justifier plus qu’un autre – toutes les femmes ne peuvent pas en dire autant.

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