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À la découverte des leaders du secteur minier : voici Ljiljana Josic

11 février 2019

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Nous sommes heureux de lancer À la découverte des leaders du secteur minier, une série d’entrevues mettant en vedette l’équipe de direction diversifiée des activités du secteur Mines et métallurgie au moyen d'exemples de leadership, d’encadrement et d’expériences personnelles relatés dans cette entrevue avec Ljiljana Josic, gestionnaire, Gestion des mines et des déchets.

Q : Parlez-nous un peu de votre expérience et de comment elle a façonné votre carrière actuelle.

R : Je viens de la Serbie et je suis au Canada depuis 22 ans. Je travaille à SNC-Lavalin depuis plus de 12 ans à titre de gestionnaire de projet, de responsable technique et de gestionnaire de groupe. 

Ma carrière en ingénierie a commencé dans une société de conseils en activité minière en Bosnie et a continué avec une plus petite entreprise en Croatie. Au cours de ma carrière, j’ai travaillé en tant qu’enseignante dans une école secondaire technique en Croatie. J’ai immigré au Canada en 1996 et j’ai décidé de continuer mes études en génie en obtenant une maîtrise en sciences de l’ingénierie de l’Université de Western Ontario (UWO). En 2006, je me suis jointe à SNC-Lavalin. 

Au fil des ans, j’ai eu la chance de travailler avec des gens merveilleux dans l’industrie, partout dans le monde et sur de nombreux projets, plus de 50 à l’échelle nationale et internationale dans divers contextes géologiques, et diverses conditions environnementales et climatiques, y compris dans des régions froides sous le pergélisol, des régions de forte pluie et des climats arides, des régions d’activité sismique, et des régions aux sols tropicaux en Afrique et en Amérique du Sud.

Les compétences techniques acquises grâce à mes études et mon expérience m’ont aidé à poursuivre ma carrière, même à ce jour. Je suis toujours enthousiaste à l’idée de nouveaux projets, de nouvelles tâches, de nouveaux problèmes techniques et je recherche toujours les solutions les plus efficaces à un problème. Ces compétences continuent de m’aider à être une bonne leader dans mon domaine. C’est inspirant de diriger une équipe : J’aime partager mes connaissances et mon expérience avec mes collègues; partager toutes ces idées nous donne l’occasion de croître et de faire un meilleur travail en tant que leader. Mais il faut avoir une certaine quantité d’expérience, une personnalité forte et assez de confiance en soi pour occuper un rôle de leader.

Q : Parlez-nous d’un moment exceptionnel pour vous. Une réalisation ou un prix que vous avez remporté, par exemple.

R : Il y a eu quelques moments décisifs dans ma carrière, mais l’un des plus marquants fut mon premier mandat, pendant mes études supérieures, en mécanique des roches avancée. Le professeur m’a appelé après ma présentation et a déclaré : « Vous êtes très talentueuse. Vos notes et solutions au problème d’ingénierie sont formidables, votre approche technique et vos calculs sont remarquables, mais la façon dont vous avez rédigé le rapport pourrait être améliorée. Assoyez-vous avec moi, et je vais vous montrer comment rédiger un rapport technique. » 

J’ai apprécié cette occasion d’apprendre auprès de l’un des meilleurs professeurs en ingénierie géotechnique dans un cours qui a été très difficile. 

Il est essentiel d’être en mesure de solliciter les conseils de mentors parce qu’ils peuvent avoir une importante incidence sur l’orientation d’une carrière et sur la confiance en soi. 

Q : En tant que femme qui s’est taillé une place de choix dans une industrie à prédominance masculine, comment avez-vous réussi à trouver l’équilibre à différents moments de votre carrière?

R : Au cours de ma carrière, j’ai choisi d’ignorer les obstacles externes auxquels j’ai fait face. Je ne me suis jamais vue différemment que ceux qui m’entourent, c’est la façon dont je me conduis toujours. Je ne me suis jamais vue comme une femme ingénieure, mais plutôt comme une ingénieure. 

Je crois en mes compétences, en mon expérience et en mes études, et cela me donne confiance. Grâce à ma détermination, mon dévouement et ma persévérance, cela m’a mené là où j’en suis aujourd’hui.

J’ai saisi chaque occasion qui se présentait, même si je dois admettre qu’il est difficile de se démarquer dans certains domaines, mais je n’ai jamais laissé ça m’empêcher de faire quoi que ce soit. Oui, les femmes doivent travailler plus fort, particulièrement pour faire leurs preuves. La plupart du temps, nous sommes sous-estimées et on ne nous prend pas au sérieux. Ainsi, on ne nous donne pas de tâches difficiles ou les mêmes occasions, en particulier dans les domaines des STIM. Les choses s’améliorent, mais nous avons encore beaucoup de travail à faire pour atteindre l’égalité entre les sexes. 

Q : Qui sont vos modèles – masculins ou féminins – et pour quelles raisons? 

R : J’admire certainement les nombreuses femmes ingénieures et scientifiques célèbres qui ont contribué à l’histoire, mais en même temps, il y a tant d’hommes ingénieurs qui m’ont impressionné avec leurs réalisations. Pendant ma jeunesse, Nikola Tesla m’a influencé, étant donné qu’il était un Serbe-Américain né dans un petit village de Croatie. Enfant, je me souviens avoir pensé « WOW! Il est un excellent inventeur, il représente un continent formidable, mais il vient d’un si petit village. C’est tellement impressionnant! » Il a déménagé en Amérique à l’âge de 28 ans et a travaillé avec Thomas Edison et était l’un des meilleurs dans le domaine de l’ingénierie et de la physique. Je me souviens toujours d’une de ses citations que j’ai entendue à ce moment :

« Le présent est à eux; l’avenir est à moi. »  En d’autres mots, les possibilités sont infinies. Cette idée m’a toujours guidée. 

Q : Qui sont les alliés qui ont contribué à orienter vos façons de faire, votre style de leadership, etc.?

R : Mon plus grand système de soutien est ma famille : mon mari, tout d’abord, m’a toujours encouragé. Sans son aide, je ne serais pas où j’en suis maintenant. Je suis la mère de deux filles, dont la deuxième est née ici, au Canada. Élever des enfants, aller à l’école, travailler en génie-conseil, ce n’était pas facile.

J’étais une femme très indépendante en dehors de ça. J’étais toujours en mesure de réaliser ce que je voulais en raison de mon dévouement envers la réussite. J’ai toujours été dévouée et je crois à la formation continue. Même après avoir terminé ma maîtrise, j’ai suivi divers cours de mise à niveau afin d’élargir mes connaissances; pour apprendre quelque chose de nouveau. Outre mes études d’ingénierie, j’ai obtenu un certificat en enseignement à la maison et une maîtrise en gestion de projet ici, au Canada. 

Je me trouve chanceuse, car j’ai eu la chance de travailler avec des personnes exceptionnelles tout au long de ma carrière; de bons collègues avec qui je pouvais faire part de mon expérience et de mes idées; même à l’extérieur, des pairs dans l’industrie, avec qui je peux me réunir et discuter. J’ai également travaillé pour de grandes entreprises où j’ai eu la chance de travailler sur des affectations internationales, de faire partie d’une équipe formidable et de travailler et d’apprendre auprès d’experts en ingénierie géotechnique et minière. 

Q : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui poursuivent une carrière en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM)?

R : Allez-y, foncez!

Pour la jeune génération, leur cheminement de carrière devrait être fondé sur ce qu’ils font bien et ce qui les passionne. Il y a tant d’aspects liés à l’ingénierie, et si vous vous dirigez vers un secteur particulier et vous réalisez que ce n’est pas fait pour vous, vous pouvez toujours changer de secteur. C’est tellement vaste. 

Vous devez faire preuve de flexibilité.

L’ingénierie est en pleine évolution et est devenue un environnement formidable. Vous pouvez toujours façonner votre carrière et être meilleur à l’avenir. 

Je veux que les jeunes femmes comprennent qu’elles sont assez intelligentes et assez bonnes pour l’ingénierie. C’est une carrière enrichissante. Certaines femmes ingénieures diraient que ce n’est pas facile, et c’est vrai : nous devons travailler deux fois plus fort pour faire nos preuves, mais plusieurs d’entre nous y sont parvenues.

Étant donné que je suis une ambassadrice de diversité et inclusion ici à SNC-Lavalin, j’ai des rencontres avec de plus jeunes femmes ingénieures. C’est un dialogue et une conversation ouverts afin de les encourager à chercher des occasions, elles sont partout. 

« Je leur recommande de demander des affectations techniques à leurs supérieurs; d’accepter des défis et de demander de l’aide ou du soutien si elles en ont besoin et de ne pas avoir honte. Seulement la persévérance et le travail acharné vous mèneront où vous souhaitez être. » 


Exprimez-vous, vous devez demander ce que vous souhaitez!  

Je les invite aussi à faire du bénévolat. Bâtir une carrière, c’est un peu comme la métaphore de la poule et de l’œuf : pour obtenir un emploi, vous avez besoin d’expérience; pour obtenir de l’expérience, vous avez besoin d’un emploi. En faisant du bénévolat pendant quelques mois, vous pouvez obtenir des recommandations. Vous devez savoir exactement ce que vous voulez.

Je vois que les choses s’améliorent pour les femmes dans le secteur minier. Plus nous en faisons la promotion comme une option de carrière attrayante, plus nous attirerons des leaders féminines et plus nous aurons un rôle à jouer dans le changement, pour le mieux, de notre représentation dans l’industrie.

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